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Nos valeurs

Principe de non-essentialisme

L’espèce humaine actuelle est le fruit de l’évolution darwinienne. Cette évolution est le fait du hasard et non de choix. Nous pensons qu’il doit être permis et même qu’il est souhaitable voire nécessaire d’améliorer notre propre nature via la technique pour vivre plus longtemps et en meilleure santé, pour être plus heureux, plus empathiques, plus intelligents, et caetera… Nous voulons passer de la chance au choix.

Cette conception de l’humain comme projet en chantier s’oppose aux conceptions bioconservatrices essentialistes qui sacralisent la nature humaine telle qu’elle existe aujourd’hui. Cela inclut à la fois les conceptions religieuses, mais aussi les conceptions « naturalistes » pour qui « la Nature fait bien les choses » et donc pour qui il ne faut surtout pas y toucher.

L’essentialisation de notre nature et de notre propre corps ne garantit absolument pas notre liberté face aux potentielles dérives totalitaires de la technologie. Au contraire, elle nous mets sous le joug d’un autre tyran bien plus puissant : la Nature.

La sénescence, la brutalité, la domination, ces différents aspects négatifs font tous partie de la condition humaine, nous devons parvenir à les contrôler.

La Nature ne fait pas toujours bien les choses, prenons en main notre avenir biologique.

Progrès humain

Nous promouvons une idée du progrès humain qui soit à la fois technique, social, et politique.

Nous croyons au Progrès humain avec un grand P, c’est-à-dire à l’amélioration concrète de nos conditions d’existence à tous. Le Progrès humain englobe à la fois le progrès social et politique et le progrès technique, dans la mesure où ce dernier est au service du premier, d’où le terme holistique de « progrès humain ». Tout progrès technique n’est pas forcément un progrès humain, mais il y contribue grandement.

La notion de progrès a été énormément galvaudée par ses critiques mais aussi par une partie de ceux qui s’en revendiquent. Nous entendons réhabiliter cette notion.

Les vaccins, les antidouleurs, les moyens de contraception, sont autant de progrès techniques qui furent aussi des progrès humains, et qui peuvent être considérées comme des améliorations.

Liberté morphologique

Nous défendons le droit de chacun de modifier son corps comme il ou elle le souhaite, tant que cela ne nuit pas à autrui — cela inclut aussi le droit de ne pas le modifier.

Nous défendons le droit de chacun de modifier son corps comme il ou elle le souhaite, tant que cela ne nuit pas à autrui — cela inclut aussi le droit de ne pas le modifier.

Notre notion de liberté morphologique n’est pas que légale et théorique, elle est aussi une liberté positive. Nous voulons que tout le monde ait accès aux technologies d’amélioration humaine, et que celles et ceux qui choisissent de ne pas y avoir recours ne subissent aucune discrimination institutionnelle.

Cette liberté morphologique s’étend également aux domaines traditionnels de la bioéthique qui ne sont pas reliés directement à l’augmentation humaine : PMA; euthanasie et suicide assisté; drogues douces; etc…

Démocratie

Nous promouvons la démocratie réelle, car nous sommes confiants en l’intelligence collective de nos concitoyens, afin qu’ils exigent de leur plein droit l’amélioration de la condition humaine.

La société civile doit être impliquée dans les décisions qui sont prises en termes d’augmentation/amélioration humaine. Nous ne voulons pas qu’une élite, économique ou politique, ou toute autre minorité bien organisée impose ses choix — ou ses non-choix — en termes d’augmentation humaine.

C’est pourquoi nous promouvons des pratiques de démocratie réelles et directes (comme pourraient l’illustrer des dispositifs de type RIC ou votations suisses). Nous sommes confiants en l’intelligence collective de nos concitoyens lorsque celle-ci a la possibilité de s’exprimer. Nous pensons que, si la possibilité de débats non biaisés nous est donnée, les citoyens seront en grande partie favorables au transhumanisme.

Les modalités concrètes de la démocratie que nous prônons font l’objet de débats internes.

Nous pensons qu’Internet et les nouvelles technologies peuvent faciliter le développement des formes de participation des acteurs de la vie sociale, économique et politique, et que celle-ci est facilitée par les nouvelles technologies, pour autant qu’elles ne soient pas dévoyées sur les plans méthodologiques et éthiques.

Pour plus de détails, voir également notre prise de position sur les nouveaux modes de participation politiques et sociales.

Egalité et justice sociale

Le transhumanisme ne doit laisser personne de côté. Nous voulons que l’amélioration humaine profite à toutes et tous. Les droit des personnes augmentées comme des non-augmentées doivent être respectés

Dans la perspective d’une évolution transhumaniste, notre action vise à améliorer l’épanouissement et les libertés individuelles. Pour autant, il est nécessaire que tout progrès soit équitablement accessible au plus grand nombre et favorise le développement de sociétés plus harmonieuses.

Les améliorations que nous envisageons ont pour visée l’épanouissement de toutes et tous, et non l’oppression ou l’exclusion. Nous ne voulons pas d’une société où seule une élite politique ou financière aurait accès aux améliorations corporelles. Nous voulons que tout le monde ait accès aux technologies disponibles, c’est pourquoi nous exigeons que celles-ci soient prises en charge socialement.

De plus, nous exigeons que le choix et les droits de celles et ceux qui ne veulent pas des améliorations pour eux-mêmes soient respectés. Nous ne voulons pas que les « non-augmentés » soient politiquement, socialement, ou économiquement exclus. (Par exemple, nous ne voulons pas que les employeurs exigent de leurs employés qu’ils s’augmentent pour être plus productifs)

La notion d’égalité que nous promouvons englobe à la fois l’égalité sociale et l’égalité biologique, car celles-ci sont distinctes et la première n’entraîne pas la deuxième. Maladie physique ou mentale, intelligence, beauté, capacité à se défendre physiquement : biologiquement, nous ne sommes pas tous égaux à la naissance. Une société transhumaniste et technoprogressiste nous donnerait la possibilité de corriger les inégalités naturelles.

Responsabilité et prévention des risques

Les technologies transhumanistes ont des bénéfices et des risques. Nous devons proactivement et rapidement maîtriser les risques afin de ne conserver que les bénéfices

Les transhumanistes ne peuvent pas se permettre de négliger la question primordiale des risques. Les modifications radicales de la nature humaine que nous soutenons comportent des risques d’ordre sanitaire, social, politique, ou environnemental, dont nous ne nions pas la possibilité. Nous devons les prendre en compte le plus sérieusement et le plus tôt possible. Nous devons être proactifs : les conséquences potentielles d’une technologie donnée doivent être évaluées avant son déploiement, sa compatibilité avec les exigences d’une vie humaine autonome et d’une vie sociale harmonieuse doit être pensée dès sa conception.

Un aspect important de la prévention des risques est celui de la réversibilité. Les améliorations humaines doivent, autant que possible, être réversibles aussi bien au niveau individuel (réversibilité biologique) que collectif (réversibilité des politiques technologiques).

Nous portons une attention particulière sur les risques dits « existentiels », c’est-à-dire les risques qui pourraient entraîner une disparition totale de l’humanité ou de toute vie terrestre. Pour autant, nous ne négligeons pas les risques non-existentiels mais néanmoins catastrophiques tels que le changement climatique, ou les risques affectant avant tout les populations défavorisées.

Cependant, ces risques doivent être mis en regard des opportunités ouvertes par les technologies d’augmentation humaine. Nous rejetons le biais d’omission qui consiste à ne se préoccuper que des risques technologiques en oubliant les risques naturels que la technologie nous permet justement d’éviter, tels que le vieillissement, les maladies, les incapacités lourdes, ou les aspects sombres de notre nature humaine.